RANDRIA-COUPE-EN-DEUX
Randria-coupé-en-deux, tu te balades
Dans les rues de Tana, jusque sous les arcades,
Les nuits sans lune où le ciel pleure.
Fantôme riant et farceur,
Peu de gens t'ont vu en entier.
Quand ton faciès hilare se montrait pour faire peur,
Ton corps était ailleurs.
Tout Tana connaît ton histoire: ton épouse était bien volage,
Tes amis s'en sont aperçus;
Et toi, bafoué et cornu,
Ne supportant pas cet enfer,
Tu t'es couché de tout ton long sur le chemin de fer.
Tu étais triste alors!
Le train passa, coupant ton corps.
Mais en deux morceaux tu revins hanter, drôle d'image,
Ta femme en disant : moi aussi je me partage.
Et ça te faisait rire, et tu en ris encore
De cette peur sur son visage
De voir un homme coupé en deux,
Mort, certes, mais très heureux.
Randriaroatapaka,
Je t'ai nommé:
Aux vivants ne fais pas de tort,
Qui sait comment se vengent les morts ?

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